
Marc, peintre quinquagénaire aux toiles tourmentées, titube encore dans l'alcoolisme orphelin : un an après le suicide d'Alexandre, son fils de dix-huit ans, pendu lors d'une soirée absurde, le deuil le ronge comme une toile vierge. Abandonné par Élisabeth, sa seconde épouse lassée des nuits solitaires, il s'accroche à Michel et Anne, amis trentennaires fidèles, et à ses couleurs qui saignent sur la toile. Mais une rencontre fortuite – une femme ivre ramassée dans le métro, qui saccage son appartement avant de s'évaporer – rallume une braise vengeresse : qui est-elle, spectre du hasard ou émissaire du passé ? Djian, en roman cru de 2011, dissèque la vengeance comme un fil tendu : où le père, ombre d'Alexandre, traque l'absurde dans les replis de la culpabilité, et où l'amour filial se mue en lame effilée contre l'indifférence du monde. Prose djianesque, lapidaire et viscérale, où les verres se brisent comme des illusions, Vengeances explore le vide post-adolescent : deuil comme gangrène créative, et où la toile blanche appelle une revanche picturale, sanglante et cathartique.
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