
Henri-John, prof de musique largué par son épouse Edith – plume acérée des best-sellers –, fuit la grisaille meudonnaise pour l'Amérique rutilante : vastes vérandas océaniques, freeways crépusculaires, dunes fluo sous un ciel cerf-volant. Père de deux filles écloses, il dresse un bilan monumental : pavillons céneliens aux fins de mois saignantes, tractions avant dans la boue, un passé de pauvreté qui colle comme une traîne. Djian, en alchimiste des sensations, oppose la France pluvieuse – moutards turbulents, banlieues étouffées – à l'Amérique lavée, pimpante : joggers arc-en-ciel, forêts pulsantes, océans qui murmurent l'oubli. Récit en vrac autobiographique, ce sixième roman brise la linéarité : temporalités chevauchées, points de vue alternés, une plongée primitive dans l'âme foldingue. Une Amérique idéale, lisse comme un vinyle neuf, où le blues intérieur vibre au rythme d'un exil intérieur.
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