
Par Charles Exbrayat
Zakopane, Tatras enneigées : Aloïs Werner, Suisse ventripotent au portefeuille gonflé, parade en hobereau excentrique, draguant Hildegarde von Löwenberg – sosie de son amour perdu, Elzbieta. Mais sous le vernis, Aloïs est agent britannique : séduction feinte pour infiltrer un nid d'espions soviétiques, où Hildegarde, beauté fatale, tisse des toiles d'araignée. De chalets alpins aux souterrains glacés, Werner navigue un cirque mortel : coups de tonnerre diplomatiques, poisons en poudre de neige, et un quiproquo qui transforme idylle en guet-apens. Exbrayat, en polar espiègle de 1965, infuse à la Guerre Froide un humour british : où Werner, niais au cœur d'acier, joue le Casanova maladroit contre des Rouges patibulaires. Roman haletant et cocasse, Le Temps se gâte à Zakopane pulse d'un rythme valsé : avalanches d'intrigues, chutes de neige en coups de théâtre, et une Hildegarde qui danse un tango fatal entre amour et trahison. Œuvre légère et tendue, elle questionne l'espionnage : séduction comme arme secrète, et où Zakopane, mirage alpin, cache non chalets, mais pièges enneigés pour un agent qui, sous le rire, affronte le froid de la duperie.
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