
Par Henry Miller
Henry Miller, trublion de la prose beat, s'attaque à l'absurde quotidien : pourquoi diable lit-on aux cabinets, ce sanctuaire de l'intime où l'esprit devrait voguer libre, non se noyer dans des pages jaunies ? Dialogue fictif hilarant entre mari et épouse – lui, suppliant derrière la porte verrouillée, elle, plongée dans un traité sur Sedan ou une mécanique pour novices –, ce pamphlet de 1951 raille l'obsession lecturelle : où le trône devient pupitre, et où le temps volé à la digestion nourrit l'âme au rabais. Miller, en virtuose du délire, virevolte des réflexions philosophiques – 'lire ou ne pas lire, eis that the question' – aux anecdotes croustillantes : bibliothèques WC comme symptômes freudiens, et où le livre, compagnon hygiénique, trahit notre peur du vide. Édité chez Allia en 2000, ce court traité – précédé de 'Ils étaient vivants et ils m'ont parlé' – pulse d'une joie anarchique : où l'auteur, mine débonnaire, démonte le rituel pour mieux célébrer la vie nue, sans béquille papier. Œuvre espiègle, Lire aux cabinets questionne l'essentiel : désoeuvrement comme porte vers l'infini, et où l'humour, scalpel joyeux, tranche les chaînes de l'habitude pour libérer l'esprit – même aux cabinets.
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