
Siddharta, fils de brahmane aux rives du Gange, étouffe dans les rites ancestraux : quête d'absolu, il fuit ascète samana, corps flagellé par le jeûne, esprit en quête de néant. Rencontre avec Gautama, le Bouddha rayonnant, mais l'illumination ne fleurit pas dans les mots : Siddharta plonge dans le samsara, amours charnelles avec Kamala, négoce cupide au bord du fleuve, où richesse ronge l'âme comme un lotus pourri. Crise fulgurante : suicide frôlé, révélation au gué du fleuve, murmure cosmique des voix éternelles. Hesse, en roman initiatique de 1922, couronné Nobel en 1946, trace une voie fluide : où l'illumination jaillit non des dogmes, mais de l'expérience totale – douleur et joie, ombre et lumière. Siddharta, miroir du jeune Hesse, navigue l'Inde mythique : forêts sacrées, courtisanes aux voiles de soie, et un ferryman Vasudeva qui enseigne l'écoute du courant vital. Œuvre limpide, Siddharta transcende les philosophies : bouddhisme et protestantisme se fondent en un hymne à l'unité, où le moi dissous s'embrasse dans le tout, et où la sagesse coule, paisible, comme les eaux du temps.
—
Pas encore d’avis : soyez le premier !
Vous avez lu ce livre ? Votre avis aidera d’autres lecteurs à le découvrir.