
Par Jörg Kastner
Amsterdam, 1669 : un teinturier maniaque, maître du bleu outremer, égorge sa famille sous l'emprise d'un tableau spectral – toile à la manière de Rembrandt, où un bleu abyssal semble suinter la folie. Cornelis Bartholomeusz Suythof, peintre et geôlier de la Rasphuis, hérite du mystère : un faux du maître agonisant, pigments maudits qui corrompent l'âme comme un venin divin. De geôles puantes aux tavernes enfumées, Cornelis traque l'énigme : haines religieuses calvinistes contre juifs séfarades, trafics de la VOC en Indes orientales, et amours tarifées sous les toiles volées. Kastner, en thriller historique de 2006, ressuscite la Hollande baroque : canaux miroitants, ateliers alchimiques où l'indigo devient diable bleu, et Rembrandt, ombre ruinée, pleurant Titus dans l'ombre. Roman inspiré des carnets de Suythof, il palpite d'érudition sensuelle : où la couleur sacrée – manteau de la Vierge ou voile du néant – incarne le mal, et où une course rocambolesque démasque un complot qui lie art et assassinat. Œuvre envoûtante, La Couleur bleue peigne un portrait diabolique : où le pinceau trace non seulement la lumière, mais les veines du crime éternel.
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