
Par Honoré de Balzac
À Angoulême, bastion provincial des ambitions rancies, Lucien de Rubempré, poète fauché au verbe d'or, rêve de conquérir Paris, cité-mirage. Aidé de son beau-frère David Séchard, imprimeur ingénieux, il ourdit un pacte faustien : Ève, sœur angélique et épouse dévouée, tisse le cocon familial tandis que David invente un papier alchimique pour inonder la presse. Mais le succès appelle les loups : dettes voraces, intrigues de la concurrence Cointet, et l'ombre d'un oncle tyrannique qui broie les rêves comme une presse hydraulique. Balzac, en diptyque des Illusions perdues, dissèque la machine sociale : où l'amour fraternel affronte la rapacité marchande, et où la province, geôle des talents, étouffe les vocations sous un linceul de médiocrité. Fresque balzacienne foisonnante, Ève et David célèbre la sainteté laïque d'une femme-épine dorsale, Ève, pilier muet d'une quête virile vouée à l'abîme. Roman de 1837, il grave l'ascension impossible, où l'encre coule comme du sang, et où le génie succombe aux engrenages du capital naissant.
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